Témoignage d’Olga, migraineuse heureuse

Par Migraine Québec • Le 24 septembre 2021


Toute ma vie, depuis l’enfance, je souffre de migraine. Je suis russe d’origine et née dans les années 70 en URSS. Je me rappelle ma première migraine d’origine alimentaire avant l’âge de 5 ans. C’était douloureux, j’ai vomi. Les adultes ont pensé que j’avais mangé du poisson pas très frais. Depuis, je n’ai plus mangé de poisson. Mais les migraines, j’en ai eu d’autres.

À partir de mes 9 ans, les migraines sont devenues assez présentes dans ma vie. Avec l’arrivée des règles à 11 ans, les crises sont devenues régulières. Je n’ai pas été soignée pour les migraines spécialement à l’adolescence, j’avalais juste des antalgiques, qui ne marchaient pas bien d’ailleurs. Les souvenirs de mon enfance me donnent parfois les sentiments de tristesse et de colère. Enfant, j’étais timide et j’avais du mal à faire passer le message sur mes besoins et mes douleurs aux adultes.

À partir de 20 ans, j’ai commencé à travailler tout en faisant mes études supérieures. J’ai été surchargée, j’ai travaillé tard le soir et les week-ends, j’ai été stressée par la crainte de ne pas faire les dossiers à temps et j’ai eu des crises de migraine rapprochées et intenses.

Comme beaucoup de jeunes, je voulais profiter de la vie, faire des sorties et des voyages. Mais souvent, j’ai eu des migraines à cause du manque de sommeil, quand je sautais un repas, quand je buvais du vin ou dans un environnement avec beaucoup de bruit et mal aéré avec la fumée des cigarettes.

Cela fait 21 ans que je vis en France et 19 ans que je suis suivie par un neurologue français pour mes migraines. Les consultations me rassurent et le traitement marche plus ou moins bien. Je prends un traitement de fond (j’en ai testé plusieurs). Pourtant, j’ai toujours des migraines très fréquentes.

Après la naissance de mes 3 enfants entre 27 et 31 ans, j’ai mal dormi pendant plusieurs mois. Les cris des bébés me perçaient les oreilles… Tous les jours, j’avais la migraine. Maintenant, j’ai toujours des bouchons d’oreilles avec moi, je ne supporte pas les bruits soudains ou forts, cela me donne une crise.

Je n’ai pas pu combiner les vies professionnelle et familiale. C’était une surcharge insupportable pour moi. Après quelques essais, j’ai été dans un état de burnout et de dépression, accompagné des migraines. Déçue, je pensais que je n’arriverais jamais à m’insérer dans une entreprise de façon stable! Je me suis contentée d’être mère au foyer pendant quelques années. Depuis quelque temps, je télétravaille comme freelance chez moi, cela me convient.

La migraine peut durer parfois trois jours de suite et après, l’enchaînement de trois jours supplémentaires est possible. C’est très épuisant. Parfois, je pleure de douleur. Le traitement de crise m’aide à ne plus trop souffrir. Mais quand il y a des crises à répétition, je suis faible, fatiguée, abattue; je n’arrive plus à travailler, à communiquer avec les autres, à réaliser mes projets… Je laisse tomber tout pour quelque temps. C’est démoralisant.

Mon mari a eu du mal à accepter le fait que j’aurais toujours des migraines handicapantes. Mais il me soutient pendant mes crises. À présent, mes enfants sont devenus adolescents. Je suis heureuse dans mon cercle familial. Je suis plutôt facile à vivre, bienveillante, loyale, et je suis prête à donner un coup de main aux proches. Parfois je suis en colère, mais m’opposer à quelqu’un me fatigue trop. Je suis optimiste quand je n’ai pas de migraine depuis un moment.

Longtemps, je ne me rendais pas compte de la gravité de ma maladie. Je la cachais à mes amis, à mes proches et à mes employeurs. Pour commencer une vie meilleure avec les migraines, je me suis acceptée pour qui je suis; j’ai accepté le fait d’être migraineuse, que les migraines sont pour la vie, que je ne suis pas comme beaucoup de monde et que la douleur violente peut apparaître d’un coup.

J’ai pourtant décidé d’être migraineuse heureuse. D’explorer ce qui me rend heureuse : le bien-être corporel grâce à un repos et une alimentation adaptés, à la reprise des forces par des promenades, par la respiration de l’air pur. J’ai appris à exprimer ma douleur, mes émotions. Je m’encourage à vivre joyeusement et avec amour pour moi-même et pour les gens qui m’entourent. Certes, il y a toujours des crises, de la douleur, des médicaments, des moments de grande fatigue. Mais je prends soin de moi. Je souris au soleil, je m’offre le rire, je cultive la bonne humeur. Alors, comme moi, les migraineux, vivez heureux!

–Olga Lalajelle

Page Instagram d’Olga : @migraineux.heureux


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