Une odyssée de douleur et de persévérance

Par Marie-Claude Benoit • Le 7 novembre 2023


Aujourd’hui, je partage avec vous ma vie quotidienne en tant que personne vivant avec la migraine chronique. La migraine a été ma compagne fidèle depuis des années, et il est temps de briser le silence qui entoure cette condition. Je souhaite non seulement sensibiliser les gens à ce que signifie vivre avec la migraine chronique, mais aussi offrir un récit d’espoir pour ceux qui, comme moi, la combattent au quotidien.

Le réveil : la migraine matinale

Chaque matin commence par une sensation d’appréhension. En ouvrant les yeux, je ressens souvent la douleur lancinante d’une migraine en cours. Le bruxisme sévère avec lequel je vis en est la cause. Malgré des injections de botox dans les masséters et les temporaux aux deux mois, et la prise d’une bonne dose de relaxant musculaire avant le coucher, ces muscles surentrainés résistent. 

C’est un réveil brutal qui ne laisse pas de place pour les petites joies du matin. Avant l’arrivée du bruxisme dans ma vie, cette période de la journée était ma préférée. Une nouvelle journée qui commençait, le moment où tout était possible.

Les crises de migraine peuvent être si capricieuses que je ne sais jamais si je vais avoir une journée « normale » ou si la douleur va garder le contrôle. Tout dépend de l’efficacité du traitement de crise choisi.

La migraine matinale est comme un rappel brutal de ma condition, jour après jour.

La bataille quotidienne : médicaments, méditation et espoir

Ma routine matinale est devenue une véritable danse de médicaments. Mon armoire à pharmacie est pleine de remèdes prescrits ou non par mon médecin, chacun ayant un rôle spécifique à jouer. Il y a des analgésiques, des anti-inflammatoires, des opiacés, des triptans et même du cannabis. La première bataille de la journée est de les faire fonctionner.

La méditation est également devenue une partie essentielle de ma routine. La gestion de la douleur mentale est presque aussi cruciale que la gestion de la douleur physique. Je prends quelques instants chaque matin pour me détendre, respirer profondément, et me préparer mentalement pour la journée à venir.

La méditation n’élimine pas la douleur, mais elle m’aide à mieux la gérer. Elle me permet de calmer mon esprit et de concentrer mon énergie sur mes tâches quotidiennes.

La vie professionnelle : un équilibre fragile

Mon emploi est un défi constant. Les absences au travail sont fréquentes, et il est difficile d’expliquer à mes collègues à quel point une migraine peut être invalidante. Je peux être productive pendant quelques jours, puis complètement hors circuit durant d’autres. La compréhension de mon employeur et de mes collègues est cruciale, mais cela ne fait pas disparaître les frustrations.

Je me suis efforcée de négocier des aménagements de travail, de demander des horaires flexibles et de discuter de mes besoins avec ma direction. Mon bureau est désormais un espace plus adapté à mes besoins, avec une luminosité réduite et un endroit calme pour me reposer si nécessaire.

La migraine chronique peut être un fardeau lourd à porter sur le lieu de travail. Mais je refuse de laisser la douleur m’empêcher de poursuivre ma carrière. Je me bats pour mon travail, même si cela signifie des jours difficiles et des compromis.

Les effets secondaires des médicaments

La prise régulière de médicaments peut avoir des effets secondaires dérangeants. Fatigue, somnolence et vertiges sont des compagnons fréquents. Parfois, ces effets secondaires sont presque aussi gênants que la migraine elle-même.

Cependant, je préfère supporter ces effets secondaires temporaires que de céder à la douleur constante. Les médicaments me permettent de vivre ma vie de manière plus fonctionnelle, même s’ils ont des inconvénients.

Le soutien social : un incontournable

La migraine chronique peut être isolante. Les ami·es qui ne comprennent pas peuvent devenir distant·es, et les invitations à des événements sociaux se raréfiant sont souvent déclinées. Mais le soutien de la famille et des ami·es qui comprennent vraiment ce que je traverse est inestimable.

Le soutien de ma famille a été essentiel pour moi. Ils sont là pour m’écouter quand j’en ai besoin, et ils comprennent que certaines journées sont plus difficiles que d’autres.

De plus, je participe à des groupes de soutien en ligne où je peux partager mes expériences, obtenir des conseils et apporter mon soutien à d’autres personnes vivant avec la migraine chronique. Ces groupes sont comme une famille virtuelle qui comprend la douleur que je ressens. Je me sens moins seule.

Les brefs moments de répit

La migraine ne m’envahit pas à chaque instant de la journée. Parfois, je vis des moments de répit, et je les chéris. Ces moments me rappellent que la vie continue et que la douleur n’est pas tout ce que je suis.

Pendant ces moments, j’essaie de faire des activités que j’aime, même si c’est en petite quantité. La lecture, l’écoute de musique apaisante, ou tout simplement profiter d’un rayon de soleil sont ces petits plaisirs qui me donnent de l’espoir.

Mon message d’espoir

Vivre avec la migraine chronique est une bataille quotidienne, mais je continue à lutter. Je cherche constamment de nouvelles approches de traitement, de nouvelles méthodes de gestion de la douleur, et j’essaie de garder l’espoir. La migraine ne me définit pas, elle est juste un aspect de ma vie.

J’écris cet article non seulement pour partager mon expérience, mais aussi pour encourager les autres personnes atteintes de migraine chronique à ne jamais abandonner. Il y a de l’espoir, il y a des professionnel·les de la santé qui comprennent, et il y a une communauté qui se serre les coudes. Ensemble, nous pouvons surmonter cette guerre silencieuse que nous menons contre la migraine chronique.


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2 Commentaires
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Joanne Laferriere
Joanne Laferriere
il y a 7 mois

Je te lis et je me reconnais à 200 milles à l’heure🌹. Merci de partager

Nathalie
Nathalie
il y a 7 mois

Avez-vous une plaque occlusale pour dormir pour le bruxisme?