C’est vendredi!

Par Kim V. • Le 14 mars 2022


Enfin, c’est vendredi! On est combien à se dire ça le vendredi matin? On a espéré cette journée toute la semaine, la porte d’entrée vers deux jours de congé. Deux jours, où on peut faire ce qu’on veut ou presque : magasiner, aller marcher, voir du monde, aller voir un show, dormir… Ah, dormir… Est-ce que ça vous dit quelque chose?

— Enfin, c’est vendredi!

— Prendrais-tu un verre de vin?

— Oui, non, ok.

— Tu as des allergies? Il y a quelque chose qui ne va pas avec le vin?

— Non, absolument pas, par contre, si c’est du rouge, il ne faudrait pas qu’il soit vieilli en fût de chêne, si possible. Ça serait bien aussi s’il n’y avait pas de sulfite non plus. Si tu avais du jus d’orange ou du jus de canneberge, du Seven Up ou du Ginger ale, je me ferais une sangria au verre. Finalement, je prendrais juste un fond de verre de vin, merci.

C’est moi, quand on m’offre un verre de vin. J’ai une amie qui m’a déjà dit, « tant qu’à avoir mal à la tête à la première consommation, tu peux continuer à boire ». Mon amie avait raison, mais personnellement, ma gueule de bois, je préfère l’avoir le lendemain et non pendant que je bois. Y a des fois ou après seulement une gorgée de vin, maximum vingt minutes plus tard, la migraine me frappe de plein fouet. Ça y est, j’viens de voir mon week-end se pousser en me criant : « À la semaine prochaine, peut-être. »

Ce n’est pas une surprise, loin de là, du moins pas pour moi. Mon neurologue m’a déjà dit que comme la pression de la semaine tombe et que le week-end on relâche notre routine, il est plus fréquent d’avoir des crises de migraine. Je sais qu’il faut avoir une routine constante quand on vit avec la migraine : manger aux mêmes heures, se coucher et se lever aux mêmes heures, faire de l’exercice, bien manger, avoir une bonne hygiène de vie. Mais le week-end, est-ce qu’on peut avoir un break, juste un p’tit break? Si j’avais voulu que ma vie soit plate comme la biographie de Jean Chrétien, je ne dérogerais jamais de ma routine.

Je me permets donc de manger du junk food et de me coucher plus tard, des fois je bois même de l’alcool, j’suis folle de même. Je peux vous dire que ma phase de rébellion ne dure pas très longtemps, le temps d’une soirée, le vendredi soir, admettons. Par la suite, mon corps se fait un plaisir de m’engueuler et me rappelle pourquoi je dois avoir une vie plate, je veux dire rangée. L’appréciation brève de ma dérogation, de mon rythme de vie, est soudainement interrompue, par un méga code morse dans ma tête, qui me lance comme message : « Non, mais à quoi t’as pensé? »

Ce n’est pas que je ne sois pas rapide ou que je sois têtue, non je sais que je devrais coller à mes bonnes habitudes. Je souhaite seulement à l’occasion faire comme la plupart des gens, sans avoir la sensation que mon cerveau fasse l’objet d’essai nucléaire. Mais non, chaque fois, ou presque, que je tente le coup, je paye le prix fort.

Je l’ai dit précédemment que le week-end est un bon moment pour dormir, faire des siestes. C’est ça, durant mes week-ends, je dors. Les triptans que je prends pour me soulager des crises de migraine me font dormir. Je me retrouve donc, dans ma chambre, les rideaux tirés, dans le silence, à dormir. Pal-pi-tant! Heureusement, je n’ai plus d’enfant en bas âge, c’était une autre histoire quand ma fille était gamine.

Y a pas beaucoup d’excitation chez nous, la fin de semaine, je me repose. Pour me reposer, je me repose, je ne fais que ça, me reposer. Je sors, prendre l’air, je voudrais que quelqu’un éteigne le soleil, le temps que j’aille marcher, mais il semblerait que ce ne soit pas possible. Habituellement, après que mes céphalées m’aient volé une bonne partie de mon samedi et même quelques fois mon dimanche, la migraine se résorbe comme si elle savait que je devais être en forme pour retourner au travail.

Le lundi matin, les collègues racontent ce qu’ils ont fait durant la fin de semaine.

— Toi, Kim? Ton week-end?

— Tranquille.

J’ai toute la semaine pour me rappeler que si je veux faire des plans et les réaliser, je dois être sage, le week-end venu. Il arrive que je n’aie pas de migraine et que je puisse faire autre chose que me reposer. Lorsque ça se produit, j’en suis reconnaissante, mais je ne prends pas cette pause de deux jours pour acquis. Un jour peut-être, je me résignerai à tenter d’avoir le dessus sur mes céphalées, d’ici là, je n’ai pas dit mon dernier mot.

Et vous, est-ce que vos fins de semaine sont souvent ruinées par vos migraines?

–Kim V.


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