Périménopause… La quoi?

Par Kim V. • Le 18 mai 2022


Depuis quelques années déjà, j’ai remarqué des changements au niveau de la durée de mes migraines. Je peux avoir une période de cinq à dix jours consécutifs de migraines, entrecoupés de petites accalmies. Ces épisodes commencent souvent quelques jours avant le début de mes menstruations et se poursuivent quelques jours après la fin de celles-ci. J’en ai déduit que ce nouveau scénario devait faire partie de la préménopause.

Préménopause que je me suis auto-diagnostiquée, parce que mon médecin semblait croire que j’étais trop jeune pour passer à cette étape.  J’ai fait un bilan sanguin qui était non concluant, alors pas moyen de savoir ce qui m’arrivait. Je n’ai pas beaucoup de symptômes et mes règles sont encore assez régulières. En revanche, lorsque je prends trois bouchés de toast,  je transpire comme un lutteur Sumo. Le sommeil, on n’en parle même pas, c’est quoi ça, dormir? Ma mémoire s’est poussée dès qu’elle a vu la cinquantaine se pointer à l’horizon. Mon humeur, hum, disons que je suis une ado…recyclée.  Je suis privilégiée de n’avoir que des symptômes modérés, d’autres femmes vivent l’enfer.

L’éducation (manquante) sur le sujet

Quand j’étais adolescente, à l’école, on avait des cours de sexualité. L’infirmière venait nous parler des changements qui s’effectuaient à l’adolescence, chez les filles et les garçons. C’était toujours bien excitant de parler de sexualité, on disait bien des niaiseries, par gène et méconnaissance du sujet. Mais, on avait au moins une base fiable. Maintenant adulte, je sais que je vis d’autres changements et que c’est parfaitement normal. Ce que je ne connais pas, ce sont les symptômes qui accompagnent ces changements. Ah oui, j’en connais un, les fameuses bouffées de chaleur.

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi et comment se fait-il que je doive écouter le documentaire « Loto Méno1 » que Véronique Cloutier et des professionnels de la santé ont fait pour que je comprenne ce qui m’arrive? Pourquoi il n’y a pas d’éducation de fait à ce sujet? Parce qu’on est des femmes; et qu’on devrait savoir ce qui se passe dans notre corps quand il est question d’hormones? Je crois qu’on est plusieurs à avoir échoué notre cours de pseudo médecine 101, on est pas mal perdues et ce n’est pas seulement à cause de la chute de nos hormones.

Migraine et préménopause : l’enjeu des traitements

Pour quelle raison, nous les femmes, aujourd’hui encore, avons-nous de la difficulté à nous faire entendre? Je croyais que l’époque où les femmes étaient cataloguées d’hystériques était révolue. L’hystérie a peut-être été retirée de la classification des maladies, mais il n’en reste pas moins que le premier réflexe est de prescrire des antidépresseurs et des anxiolytiques à une femme qui décrit les symptômes que j’ai nommés plus haut. Je ne dis pas que ce sont tous les médecins qui agissent de cette façon, mais combien de femmes n’ont pas le traitement approprié à leur condition?

De mon côté, les hormones de remplacement ne sont pas pour moi, mon médecin généraliste me l’a dit, ainsi que mon gynécologue; je serais trop à risque d’ACV. Donc j’en déduis que, parce que je souffre de migraines et que je suis en préménopause, je suis une cause perdue. « Y a rien à faire pour vous ma p’tite madame. » Laissé à moi-même, ne sachant pas trop quoi faire, combien d’autres femmes vivent la même chose que moi.

D’après le documentaire « Loto méno » il y a très peu de médecins spécialisés en hormonothérapies. Il n’y a pas beaucoup d’heures allouées à l’étude et à l’analyse des résultats de tests hormonaux. Il est normal dans ce cas que l’on soit comme d’étranges spécimens quand on se pointe dans le bureau du médecin et que ce dernier ne sache trop quoi faire. On ressort du bureau avec notre prescription en espérant que ce soit la solution à nos problèmes.

Je sais qu’une alimentation équilibrée et faire de l’exercice régulièrement aide à une meilleure santé en générale. Mais pourquoi faut-il envoyer une multitude de SOS avant d’être entendue et d’obtenir de l’aide. En attendant, nous sommes aux prises avec une véritable condition de santé et devons composer avec des symptômes plus débilitants les uns des autres. Ce n’est pas surprenant que notre entourage croit qu’on capote, parce c’est le cas, on capote vraiment. On en vient à ne même plus se reconnaître.

La condition des femmes en périménopause et souffrant de la migraine avec ou sans auras, est d’autant plus délicate et une attention particulière devrait nous être portée. En préménopause, on n’est loin d’être mise au rancart, on est encore belle, en forme et bien en vie. Peut-on vivre cette transition de façon plus zen, pour notre bien-être et pour la santé mentale de nos proches?

 


Références

  1. https://ici.tou.tv/loto-meno?utm_source=Google&utm_campaign=AO-SEM&utm_medium=cpc&utm_term=ICITOU.TV&utm_content=extra-contenu-specifique

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2 Commentaires
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Stéphanie
Stéphanie
il y a 30 jours

Je vous comprends tellement, il m’arrive la même chose. On me renvoie chez moi en me disant que je suis trop jeune et tant que j’ai mes règles, rien à faire. Mes crises de migraines qui durent plusieurs jours sont aussi liées à mon cycle en plus de sueurs nocturnes intenses. Ç’est bien triste qu’on nous prennes pas au sérieux. Merci pour cet article !

Manon Poitras
Manon Poitras
il y a 21 jours

Bonjour,
Bonne nouvelle!
Même si vous souffrez de migraines avec aura, vous pouvez prendre des hormones pour soulager vos symptômes de périménopause/ménopause. Pour les estrogènes, vous devez prendre les hormones bioidentiques qui s’appliquent directement sur la peau ( gel ou timbres ). Ce sont les estrogènes en comprimés (pris par la bouche) qui augmentent légèrement le risque d’AVC, car en passant par le foie, celui-ci créé des composés qui augmentent les risques. Les estrogènes absorbés par la peau (Estrogel, Estradot, etc) sont directement absorbés par le sang. Donc, pas de formation de métabolites problématiques.
Je prends des hormones bioidentiques depuis 11 ans maintenant. C’est sécuritaire et ça évite de prendre le coktail habituel prescrit par les médecins : antidépresseurs, antihypertenseurs, hypocholestérolémiants, somnifères, etc.

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