Ces humains à la force incommensurable

Par Marie-Eve Branconnier • Le 8 mai 2023


Ces humains à maladie invisible, qui se cachent trop souvent et s’effacent, par crainte d’incrédibilité. 

Ces humains qui combattent la déprime et la détresse jour après jour. Qui s’empêchent d’accueillir ces émotions pour leur propre survie.

Ces femmes et ces hommes qui ont fréquemment l’attribut de patient. Rendant difficile de ne pas seulement se percevoir comme sa maladie.

Ces humains qui ont vécu et vivront nombre de deuils imposants. Dire adieu à des projets de vie, des ambitions, des envies, étant devenu normalisé.

Ces hommes et ces femmes qui vivent constamment entre espoir et appréhension.

Ceux et celles qui ont grandi en apprenant à endurer la douleur. Qui n’ont eu d’autres choix que de tolérer les malaises pour ne pas déranger. Qui n’osent jamais demander des accommodements raisonnables qui pourraient donc améliorer leur qualité de vie !

Ces humains hypersensibles qui sentent toutes les odeurs, entendent tous les bruits, ressentent tous les stimuli à mille à l’heure. Ces odeurs, ces bruits, ces stimuli qui ne sont jamais agréables.

Ces humains qui composent avec ce fardeau physique et mental, souvent à tous les jours.

Incompris, perçus comme incapables, mais seulement malades.

Tourbillon anxiogène.

Remèdes amour-haine.

Sous l’image de la paresse, ils et elles ont une force inégalée. Une force de caractère et une endurance tout aussi invisible.

Ces humains qui cherchent la lumière, même lorsque tapis dans l’ombre.

Leur capacité à tendre l’autre joue et à trouver le positif malgré tout est tellement impressionnante. 

À ceux et celles qui vivent à travers les autres.

Je vous vois, je vous comprends, vous n’êtes pas invisible.


Consultez aussi :



S’abonner
Avisez-moi lors de
guest

1 Commentaire
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Maryse Bonsaint
Maryse Bonsaint
il y a 8 mois

Wow quel beau texte touchant et réaliste! J’ai déjà dit à une amie qui souffre de migraine que j’enviais mes autres amies qui font le défi Everest dans ma région (gravir 500 x la côte la plus longue et haute de ma ville). Mon amie qui vit avec la migraine m’a répondue « nous aussi, on la gravit notre montagne! Depuis ce temps, mon activité à moi est de prendre soins de moi et de vivre avec. Ton texte m’a fait penser à ça. Merci Marie-Eve xx