Plan de soutien pour étudiantes averties et étudiants avertis

Par Sara • Le 9 janvier 2022


Allô belle communauté!

Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager mon expérience personnelle comme étudiante et, plus particulièrement, la démarche que j’ai faite pour recevoir un soutien de mon université en tant qu’étudiante en situation de handicap.


Avant tout, je fais un aparté concernant mon profil étudiant :

  • Depuis 2006 (sauf durant 5 ans), j’ai toujours étudié à temps plein.
  • Depuis l’hiver 2019, je suis nouvellement étudiante inscrite à temps plein.

L’année 2018 a été personnellement très marquante. Après avoir pris 6 mois pour étudier et faire du bénévolat à l’étranger, j’ai décidé de retourner à l’école pour m’inscrire dans un nouveau programme de maîtrise. À cette époque, j’étais suivie par mon neurologue actuel *appelons-le Christian*, qui connaît bien mon amour pour l’école, et par ma psychologue actuelle *appelons-la Michèle*, qui connaît très bien l’impact de mes crises de migraine au quotidien et de ma douleur chronique.

Arrive février 2019 et baam! Mes crises migraineuses m’empêchent à nouveau d’aller à mes cours (étrange feeling de déjà vu); la mi-session est horrible et je n’arrive plus à naviguer entre le travail, les remises, les lectures, le peu de vie sociale et familiale que je me permets d’avoir. C’est à ce moment que Michèle me demande si je peux recevoir une « aide » de l’université étant donné l’impact de ma condition physique sur mes études. Wow Michèle! Je n’y avais jamais pensé. C’est comme si pour moi, j’avais internalisé un sentiment de culpabilité et de « négation » de ma condition, m’ayant enlevé l’idée que je pouvais avoir droit à un soutien quelconque de mon université au même titre que d’autres étudiantes et étudiants.

Après en avoir parlé avec Michèle longtemps (ça a pris quelques séances pour déconstruire mes construits liés à mon statut de migraineuse), j’ai finalement décidé d’en parler à mon neurologue. Christian m’a donc rapidement donné le feu vert et je suis repartie de son cabinet avec un devoir : aller voir le service qui s’occupait des étudiantes et étudiants en situation de handicap de mon université et valider si j’étais éligible aux services (bref, est-ce que je répondais aux critères).

En tapant « étudiant en situation handicap + mon université » dans le module de recherche, je suis tombée sur la page de présentation dudit service. Parmi les informations se trouvaient les profils d’usagers : trouble d’apprentissage; déficit de l’attention/hyperactivité; troubles graves de la santé mentale; déficience visuelle; déficience motrice; déficience organique; et trouble du spectre de l’autisme. Mais vite comme ça, j’ai trouvé ça difficile me reconnaître. J’ai donc décidé de leur écrire un courriel.

La réponse fut rapide et fort simple : on m’invite à prendre rendez-vous avec une conseillère ou un conseiller. Chose que je fais.

À cette rencontre, la personne affiliée à mon dossier dresse un portrait de ma situation : profil de « migraineuse » avec les documents signés par Christian, profil étudiant et les enjeux que je rencontre dans mon quotidien universitaire. Dans mon cas, mes besoins étaient clairs :

  • Je passe plusieurs heures à l’université (pour mes cours, étudier, faire un contrat de recherche, travailler en équipe). J’avais donc le besoin d’un espace tranquille et sombre pour attendre que mes médicaments fassent effet ou simplement me reposer.
  • Je suis constamment en contact avec des néons (les salles de cours, la bibliothèque, le centre sportif, les bureaux de travail, les couloirs, etc.). J’avais donc besoin d’un espace sombre et/ou d’une lumière adaptée pour travailler.

Finalement, j’ai, depuis le printemps 2019, un plan d’intervention qui est validé par ma conseillère à chaque session dépendamment de mon statut et de mes besoins.

Aussi, depuis le printemps 2019, mes professeurs reçoivent mon plan d’intervention ainsi que mes besoins spécifiques. Bizarrement, ça ne m’était jamais passé par l’esprit de les aviser; un mélange de honte, de non légitimité, d’avoir essayé dans d’autres contextes sans résultat. Mais cette fois-ci, ça nous oblige à ouvrir le dialogue avec elles et eux, de trouver un terrain d’entente au besoin, de mentionner que j’ai des limites physiques… bref, d’affirmer que ma condition est légitime et valide. Puis ça, je trouve que c’est hyper positif pour nous parce que ça nous encourage à nommer nos besoins et notre réalité à des gens qui ne sont pas toujours sensibilisés mais très majoritairement bienveillants.

Je reviens à mon aparté du début. J’ai voulu partager mon profil d’étudiante parce que depuis 2006, je suis inscrite à différentes universités mais ce n’est que depuis 2019 que j’ai accès à ce type de soutien. Depuis 2006, j’ai fait mon parcours académique dans des conditions pas toujours heureuses; il m’est arrivé d’être pénalisée à cause des effets de la migraine et des médicaments (absence aux cours, obligation de quitter des salles de cours, etc.). Depuis 2006, je ne pense pas avoir eu connaissance, d’une quelconque manière que ce soit, du fait que j’avais le droit d’avoir un soutien étant donné ma situation. Vous l’avez vu comme moi, les « profils des usagers » ne sont pas très inclusifs et il est difficile de s’y reconnaître. Sans Michèle et Christian, je n’aurais jamais osé demander. Merci à vous deux.

Pour terminer, je vous encourage à partager cette information aux étudiantes et étudiants autour de vous et qui font partie de notre communauté. Je voulais aussi m’adresser à toi, personne migraineuse, qui pourrait remettre en perspective l’idée de considérer l’université. Dans tous les cas, je ne sais pas si toutes les universités (les cégeps aussi!?) sont aussi ouvertes que la mienne, mais ça mérite d’essayer et de mettre toutes nos chances pour réussir nos études et nos désirs.

Sara
Une étudiante plus confiante et soutenue dans ses études malgré sa condition.


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