Mon expérience avec le bruxisme

Par Marie-Claude Benoit • Le 28 novembre 2022


Peut-on se débarrasser du bruxisme?

Souffrez-vous de bruxisme? Cette mauvaise habitude nocturne nous condamnant à un réveil des plus désagréables. Celui où la douleur nous assaille et que la mâchoire nous tiraille. Combien de temps consacrerons-nous à combattre cette migraine qui nous accable dès que nous ouvrons les yeux au petit matin? Si elle ne nous fait pas l’honneur de nous éveiller en pleine nuit!

Je parle ici de ce sujet qui peut sembler incompatible avec la migraine, car j’ai constaté, sur le groupe Facebook « Partage Migraine Québec », ne pas être la seule à en souffrir. Peut-être vous reconnaîtrez-vous?

Essai numéro zéro

Numéro 0? Bien oui, un essai que je n’ai pas fait. S’il vous plaît ne me parlez plus de cette plaque occlusale. À mon avis, bien personnel, ce n’est pas ce dispositif qui empêcherait mes mâchoires de se contracter. Je sais qu’elle protégerait mes dents, mais les compresserait au point de me provoquer une céphalée dès la mise en bouche. 

Si vous en avez une et la tolérez bien. Si, en plus, elle atténue, voire soulage votre tension et votre douleur aux mâchoires et à la tête, c’est une bonne nouvelle. Malheureusement pour moi, et probablement pour certain·es d’entre vous, une autre solution serait la bienvenue, n’est-ce pas?

Essai numéro 1 : le Botox

Lorsque le bruxisme est devenu un problème dans ma vie, quand cette légère tension à la mâchoire s’est subtilement transformée en horrible migraine, d’une nuit à l’autre, j’étais désespérée. Comment passer au travers d’une journée remplie d’obligations avec une douleur avoisinant les 10/10? Trop bien installée depuis je ne sais pas quelle heure de la nuit, aucun médicament ne la soulageait.

Une oto-rhino-laryngologiste, que j’ai mise au courant de ce problème très handicapant, m’a suggéré les injections de botox dans les muscles masséters et temporaux. Ceux-là mêmes qui, se contractant de plus en plus lors de mon sommeil, rendaient mes matins insupportables.

Pour moi, cette solution n’a pas été miraculeuse. Des doses de plus en plus élevées ont été tentées, au fil du temps, dans le but de calmer ces fameuses contractions musculaires. Il est étonnant de constater comment ces muscles peuvent être entêtés!

Pour ma part, ces injections ont lieu tous les deux mois. Durant les deux premières semaines, l’effet est quasiment nul. Les antidouleurs sans ordonnance ne suffisent pas à la tâche. Opiacés et triptans sont nécessaires et plus rapides en efficacité (trente minutes dans mon cas). En effet, les analgésiques prennent souvent une heure à me soulager. Ce qui m’oblige à régler mon réveil-matin plus tôt, dans le but d’avaler une pilule et laisser ces interminables soixante minutes passer. Souhaitant que le résultat soit satisfaisant.

Le soulagement partiel, produit par le Botox, se produit ensuite en augmentant dans les semaines qui suivent, pour atteindre un maximum à environ un mois post-traitement. Cependant, là encore, les antalgiques sont nécessaires au réveil, mais ceux sans ordonnance et sans restrictions quant au nombre permis par mois suffisent souvent. Si je peux me permettre un témoignage de mon expérience personnelle, le cannabis vient parfois à ma rescousse.

Essai numéro 2 : une benzodiazépine

La première solution qui m’a été offerte par mon neurologue est le RIvotril (clonazépam). Miraculeux à petite dose pendant quelques mois, j’ai cru que mon calvaire était terminé. En comparaison de ces douleurs qui se présentaient auparavant régulièrement tous les matins, la magie de ces débuts de journée était incroyable. Je me sentais légère et énergique, presque euphorique. Plusieurs projets me semblaient maintenant réalisables.

Le clonazépam étant une benzodiazépine, j’ai appris à mes dépens qu’il crée une tolérance. Après un certain temps, la dose a dû être augmentée afin de me faire profiter de la même performance. Et encore… Et encore! Ça n’en finissait plus jusqu’à ce que je me fasse dire par mon médecin que la dose maximale était atteinte. Oui, mais moi, j’ai mal tous les matins et le botox ne m’offre que 25% d’amélioration, nécessaire, mais pas suffisante. Et comme si ce n’était pas assez, je dois me sevrer de ce qui est maintenant inutile (le clonazépam).

Essai numéro trois : la clonidine

Cette section sera très courte. Je n’en ai pas beaucoup à dire sur ce remède. Pour le peu de temps que je l’ai pris (quelques jours), je n’ai pu qu’entrevoir une possible amélioration. Ce médicament provoquait chez moi une baisse de pression. Celle-ci était loin d’être la bienvenue, ma pression étant déjà peu élevée et sa diminution me donnant mal à la tête. De plus, il empirait un état dépressif. Loin de me convenir, j’en ai cessé rapidement la consommation.

Essai numéro quatre

Cette fois, mon neurologue m’a suggéré un relaxant musculaire : le baclofène. Bon, je ne suis pas prête à crier « Victoire! », mais il m’apporte des bénéfices, en combinaison avec le Botox. Les résultats sont variables, d’une nuit à l’autre, mais plus impressionnants quand le Botox est en pleine action. J’ai même eu droit à cinq jours de suite sans migraine la semaine passée. Le paradis sur terre, je vous le garantis!

Mais – parce qu’il a toujours un mais – elle s’est pointée le sixième jour et ne m’offre plus le bonheur de me réveiller sans elle depuis. Espérons que j’aurai droit à un autre petit répit quand le Botox et le baclofène agiront en synergie.

Bien sûr, comme tout remède se présente très rarement sans effet secondaire, les acouphènes depuis le début de mes pires crises de bruxisme empirent sous l’effet de ce relaxant musculaire. Comme toujours, il faut peser le pour et le contre : douleur invalidante ou augmentation tolérable des acouphènes? Pour moi, le choix est évident. 

Comme personnes vivant avec la migraine chronique, nous sommes habituées à la probabilité d’une migraine à n’importe quel moment de la journée. Mais, pour moi, une migraine de jour ne m’atteindra jamais autant qu’une sournoise migraine de nuit. 

Et le pire dans tout ça : mon impuissance devant ce phénomène. Le bruxisme se produit parfois, pour certain·es, de jour. Dans ce cas, il est contrôlable au moment où on s’en rend compte. Mais, pour moi, comme pour d’autres, cette manie se manifeste la nuit. Là où le sommeil nous prive de toute chance de dompter ces satanées mâchoires.

Si vous souffrez comme moi de bruxisme, partagez votre expérience, vos essais et vos solutions en commentaire. Il me fera plaisir de vous lire.

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2 Commentaires
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Molina
Molina
il y a 30 jours

Salut,

je viens vers toi pour te faire un petit retour de mon bruxisme.
je m’appelle katia, j’ai 20 ans. Je fais du bruxisme depuis 2 ans. Je l’ai donc détecté par un kiné et mon dentiste. J’en souffre beaucoup. Après avoir donc épluchée quelques articles, je constate qu’il existe 2 types de bruxisme : en mouvement ( les dents qui grincent ) et le bruxisme statique ( on serre les dents, contraction involontaire des muscles masséter) et il est possible d’avoir les deux en même temps ( et là, c’est le ponpon ) mdr. Pour ma part, je fais du bruxisme statique, je serre les dents la nuit et en journée sans m’en rendre compte, je ne grince pas particulièrement des dents ( pour le moment ).

Dans un premier temps, on m’a proposé la fameuse gouttière, oui « la fameuse », je dis ça car bon pour moi elle ne s’avère pas vraiment efficace. Elle soulage temporairement mes muscles mais ne traite pas le problème du bruxisme en lui même. Or, ce qu’il faut traiter ça n’est pas vraiment les symptômes ( céphalées, migraines etc…) mais le bruxisme, déjà identifier le pourquoi du comment on fait du bruxisme. Il n’existe pas à ce jour de traitement anti-bruxisme, c’est la réalité. Le bruxisme est relié à un problème d’anxiété profond, de gestion du stress et des émotions. Il faut donc dans un premier temps se calmer, avoir une vie plus saine. Éventuellement, revoir son régime alimentaire ( pas d’alcool, pas de café, pas de cigarettes etc…). Sophrologie, yoga, psychothérapie et kinésithérapie/ostéopathie peuvent être des alliés. Par la suite, si les douleurs deviennent trop intenses, on m’a conseillé des injections de toxine botulique les avis sur le net sont un peu mitigés ( c’est un peu toi et ta chance quoi faut se l’avouer), les injections sont à faire par des médecins qualifiés (ORL, stomatologue, chirurgien dentiste) je pense que je vais le faire juste histoire de tester et voir ce que ça donne sur moi, je ferai mon retour après. Mon médecin m’a également prescris des myorelaxants afin de détendre mes mâchoires. Ça fonctionne mais ça me provoque des effets de somnolence,( je n’aime pas trop prendre des médicaments ). Par la suite, j’ai entendu parler du CBD. Au départ j’étais très sceptique, j’ai donc longtemps hésité. Désespérée, j’ai fini par craquer. Alors j’ai testé et C’est pour ma part RÉVOLUTIONNAIRE. Ça me détend énormément, bref que du positif. Avant de dormir c’est super. Couplé avec de la kiné et ma gouttière pour le moment ça calme un peu le tout. On verra avec les injections de toxine botulique…

Marie-Claude
il y a 30 jours
En réponse à  Molina

Merci pour ton témoignage. Je vais essayer le CBD. Tu le prends en huile ou tu le vapotes?